Chroniques en Sarkozie

sarkozy

03 avril 2007

Le manque d'écoute de Sarko

Anecdote rapportée par Le Point (29/03). Au moment de recevoir F. Chérèque, secrétaire général de la CFDT, F. Fillon conseille N. Sarkozy : "Ecoute-le."
Lorsque F. Chérèque commence à parler, Sarkozy l'interrompt :
"François Fillon m'a dit qu'il fallait que je vous écoute. Je vais vous dire ce que je vais faire. (..) Après, il y aura des gens bien élevés pour faire ce travail d'écoute. Moi je suis là pour donner l'impulsion."

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Un proche de Sarkozy confie : "Quand ça va bien, il n'écoute personne. Quand ça va mal, il n'écoute personne."

En cas de mauvaise nouvelle, F. Fillon hésite à passer l'information :
"Chaque fois qu'on me signale que Sarko a été trop dur, j'hésite à le lui dire. Ce qui fait sa force, c'est qu'il est dur."

Dur de l'oreille ? Sarkozy est si sûr de lui qu'il n'a pas besoin d'écouter les autres :
"Je pense en président. Je sais très exactement ce que je ferai. Ce n'est pas de l'arrogance, c'est mon devoir."

C. Guéant, son directeur de campagne reconnaît :
"Il a donné l'impression d'être un homme pressé qui imposait son point de vue. Désormais, il va prendre son temps et détailler son projet, qui renforce l'équilibre des pouvoirs. Il lui faut insister sur ce point, pour bien montrer qu'il ne veut pas tout le pouvoir pour lui."

Je vous recommande l'article de Libération (3/04) qui a suivi la caravane Sarkozy.

Un conseiller de Sarkozy confie :
"Il avait vécu la vie conforme d'un enfant de Neuilly. Il a découvert le peuple et il y prend du plaisir, alors qu' il déteste pourtant être englouti dans une foule."

Comment se faire aimer des Français ? c'est la question que pose L'Express (article - 29/03) : S. Royal et F. Bayrou "semblent vivre une quête, une aventure; lui apparaît tel un VRP de lui-même, accumulant les voix comme des parts de marchés."

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Question : a-t-on envie de voter pour un VRP ?

L'Express pense qu'"à cause de sa personnalité et de son long séjour au ministère de l'Intérieur, il a accumulé un lourd capital d'inimitié."

Sarkozy s'étonne : "Comment expliquer que le plus crédible des candidats soit le plus inquiétant ?"

Il y a comme un hiatus. Selon un sondage BVA, 53 % des Français ne souhaitent pas son élection à la fonction suprême (ils ne sont que 48 % à ne pas vouloir l'élection de S. Royal).

N. Sarkozy parle "pour" les Français, mais pas "aux" Français :
"Aujourd'hui, je parle pour les Français, je parle comme eux. Ils comprennent ce que je dis, même s'ils ne sont pas d'accord avec moi. Je suis bien avec eux".

L'inverse est-il vrai ?

Posté par minipiloute à 17:17 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Sarko à 35 % !

Ne rêvez pas ! N. Sarkozy à 35 % d'intentions de vote, ce ne sont que les données brutes avant correction des sondeurs.

Le Canard Enchaîné nous fait pénétrer (28/03) dans la fabrique des sondages. Ca vaut le détour !

Où l'on apprend que JM. Le Pen, crédité de 5-7 % d'intentions de vote dans les données brutes, se retrouve après pondération avec un score de 11 à 14 %.
L'explication : beaucoup de partisans du FN, honteux de leur vote, citent N. Sarkozy, devant les sondeurs.

Si on compile les sondages des différents instituts (données consultables sur le site du Monde.fr), on peut constater :

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   - S. Royal ne faiblit pas
   - N. Sarkozy a subi une lente érosion depuis 2 mois
   - F. Bayrou : le soufflé retombe.

Peut-on encore faire confiance aux sondages ? Est-ce que tout est joué à trois semaines du 1er tour comme semble l'écrire JM. Apathie (lire son blog du 2/04)?

Extrait :
La carte ne change pas. Les thèmes de la campagne et son déroulement paraissent avantager Nicolas Sarkozy. Si la menace Bayrou s'estompe, la force Royal tarde à s'imposer. Quant à l'effet Le Pen, il se produira nous annonce-ton, dans les prochains jours. Prenons l'augure en compte, mais une vaguelette ne suffira pas à bouleverser la logique qui s'installe.

Il peut se passer beaucoup de choses en trois semaines. Une polémique, un fait extérieur aux candidats, des révélations et des découvertes, des surprises qui surprennent, bref la vie dans toute la gamme de ce qu'elle a d'inattendue. Mais il peut aussi ne rien se passer ou pas grand chose: les candidats dans les meetings qui répètent le mardi ce qu'ils ont déjà dit le lundi et qu'ils reprendront le mercredi. Alors, dans ce relatif ennui, nous irons vers le dimanche fatidique relevé les urnes pour constater que la surprise de 2007, puisqu'il y en a une à chaque élection, c'est l'absence de surprise.

Réentendra-t-on cette harangue, au soir du 22 avril 2007 ? :

"La première victime, ce soir, ce sont les instituts de sondages, qui ont été complètement balayés dans leurs prévisions. Ca ne peut pas continuer comme ça. On ne peut pas confisquer ainsi la campagne ni le résultat dans un pays où ler suffrage universel est libre."
(N. Sarkozy, au soir du 1er tour de la présidentielle de 1995, après l'échec de son candidat E. Balladur.)

Posté par minipiloute à 13:47 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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